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Les dilemmes des politiques culturelles contemporaines en Moldavie

Posted by ghenador on November 18, 2009

Analyse par Ghenadie Sontu

Cette étude est censée analyser les dilemmes des politiques culturelles contemporaines promues en

Moldavie afin de formuler des recommandations et proposer des solutions susceptibles d’encourager le développement des politiques culturelles en Moldavie et de les harmoniser avec les standards européens.

Le terme “politique culturelle” englobe l’ensemble des mécanismes d’administration et de direction –règles, mesures et moyens – conçues et utilisées pour atteindre les buts du développement culturel. Une telle politique a comme point de départ un débat politique (+ public) et mène vers la mise en pratiques des objectifs dont dérive une stratégie.

Les politiques culturelles diffèrent d’un état à l’autre, mais elles ont des traits et des instruments communs permettant de les classifier dans six modèles: le modèle libéral, le modèle partiel d’état, le modèle bureaucratique d’état, le modèle éducatif d’état, le modèle national-émancipé et le modèle de l’économie en transition.

Un dilemme pour la Moldavie est quel modèle choisir. En plus, une autre question s’impose: y a-t-il une politique culturelle en Moldavie? L’expert en politiques culturelles, Valeria Grosu, considère que « théoriquement, la Moldavie a beaucoup appris de l’expérience des autres pays, mais la reconstruction et la renaissance sont une option ou un modèle dont le pays ne dispose pas encore ».

UNESCO (1967) définit la politique culturelle comme l’ensemble des usages et de l’action ou absence d’action pratiqués consciemment et délibérément, dans une société, destinés à réaliser certains buts culturels par l’utilisation optimale de toutes les ressources matérielles et humaines se trouvant à la disposition de cette société à un moment donné.

En ce qui concerne la Moldavie, le manque de buts clairement définis peut être interprété comme une stratégie en soi. Milena Dragicevic-Sesic („Arts management in turbulent times: Adaptable quality management – Navigating the Arts through the winds of change, Boekmanstudies, Amsterdam, 2005) attribue à la Moldavie le modèle national-émancipé, un modèle caractéristique à plusieurs pays en voie de développement qui se distingue par l’accent mis sur le développement et perpétuation de l’identité nationale qui avait été négligée pendant la période de domination coloniale ou d’un régime totalitaire. Ce modèle se caractérise par des mouvements nationalistes ou chauvins, par le renonce aux valeurs créées dans le passé, mépris de la culture des minorités nationales, répression de la culture expérimentale et alternative.

Un autre modèle caractéristique à la Moldavie est celui de l’économie en transition, au sein duquel la politique culturelle de l’état dépend de la politique promue antérieurement et de l’ancien système d’organisation des institutions culturelles, mais elle s’oriente quand même vers le fonctionnement dans les conditions de l’économie du marché. Un tel modèle est caractéristique aux systèmes politiques instables, avec des problèmes hérités du passé, les relations de marché y manquent, le management de la culture et la formation professionnelle sont considérés comme secondaires, tandis que la conscience nationale s’éveille.

Une analyse profonde des politiques culturelles de Moldavie promues après la proclamation de son indépendance permettrait de révéler un large spectre de problèmes typiques aux modèles nationaux-émancipés et à ceux de l’économie en transition. Une condition essentielle pour la résolution de ces problèmes dans le processus de définition et de mise en œuvre des politiques culturelles c’est le dialogue entre le pouvoir officiel, la communauté culturelle et la société.

La méthode de financement de la sphère de la culture par l’état constitue un critère important dans le processus de définition du modèle de politique culturelle. Du point de vue de ce critère, on peut distinguer quatre modèles de politiques culturelles: „facilitateur”, „patron”, „architecte” et „ingénieur”.

A ce moment, la Moldavie applique le modèle « patron » – le Gouvernement et le Collège du Ministère de la Culture décident pour quoi, combien et à qui répartir les ressources budgétaires allouées à la culture conformément à la décision politique du Gouvernement et du Parlement.

Compte tenu de ces circonstances, Valeria Grosu considère que « L’actuelle politique culturelle de la Moldavie est plutôt une politique de redoute qui mise sur les moyens et les possibilités d’auto-conserver les valeurs culturelles affectées par la crise. C’est une politique qui correspond à la réalité controversée, dramatique de la période de transition. La crise d’identité, commune à tous les pays post-communistes, est en Moldavie un phénomène-clé dans les relations entre la culture et le pouvoir et, par conséquent, dans le processus difficile de réalisation concertée d’une politique culturelle adéquate à la période actuelle. Fondée sur une destinée qui diffère beaucoup de celle des autres pays confrontés à des problèmes similaires, privée du dialogue naturel avec les valeurs nationales et universelles, la culture de Moldavie est entrainée dans un processus continu d’affront de ses propres syncopes et vacuités, état qui, en fait, polarise les esprits et inhibe les initiatives explicites. En tant que jeune pays qui revendique une identité, la Moldavie recherche son avenir dans plusieurs zones d’attraction politique, économique et culturelle à la fois, les tendances respectives étant en fait exclusivistes et avec des conséquences imprévisibles pour son identité composite ».

Dans le domaine des politiques culturelles de Moldavie, le facteur politique est aussi un handicape hérité du système centralisé soviétique dans lequel l’état détenait tous les moyens de production et de distribution du produit culturel et l’utilisait en tant que moyen de propagande et de contrôle des masses.

La supervision et l’évaluation par la société civile de la transparence du financement du domaine de la culture contribueraient à l’amélioration de la qualité et de l’efficacité de la mise en œuvre des politiques culturelles, réduiraient l’influence du facteur politique et diminueraient la corruption dans le secteur culturel.

Sans un partenariat stratégique entre le Gouvernement, le Parlement et le secteur culturel, toute politique culturelle serait inefficace, dépourvue de vision, vouée à l’auto-isolation et elle marginaliserait les élites et favoriserait les phénomènes sectaires dans la culture. Dans les pays démocratiques européens, la société civile joue un rôle crucial dans la définition, la mise en pratique et la supervision des politiques culturelles et ne se limite pas au rôle de consommateur-utilisateur de la culture.

Le Traité de Maastricht qui promeut le principe de la subsidiarité en Europe recommande que la prise des décisions soit faite de commun accord avec les citoyens. Ce principe doit être appliqué aussi par rapport aux politiques culturelles, afin de permettre aux administrations régionales et locales, ainsi qu’à la société civile de s’impliquer directement dans le processus de prise des décisions.

Dans le contexte de l’élargissement de l’Union Européenne vers l’est, ainsi que des aspirations européennes de la Moldavie et de l’harmonisation des politiques culturelles avec les standards européens, il serait opportun d’axer sur les modèles européens les recherches de nouvelles stratégies et solutions pour les politiques culturelles de Moldavie. Le processus d’intégration européenne demande, d’un côté, un équilibre entre les valeurs et les principes acceptés de commun accord et, d’autre côté, les particularités nationales et locales. (Résolution du Conseil Européen sur le rôle de la culture dans l’UE du 26 novembre 2001).

Afin de mieux comprendre la politique culturelle européenne, il faut tenir compte de l’influence majeure qu’elle subit de la part des principes qui gouvernent l’état du bien-être, tels que: l’art pour tous, assurer une vie culturelle diverse et de qualité, décentralisation et démocratisation de la culture. D’autre part, il faut aussi mentionner les quatre principes appliqués par le Conseil de l’Europe pour gouverner les politiques culturelles: promouvoir l’identité culturelle, respecter la diversité culturelle, soutenir la créativité, encourager la participation.

Les dilemmes classiques des politiques culturelles européennes sont axés sur les directions suivantes:

  • Traditionnel – Innovateur
  • Classique – Contemporain
  • Local – Régional – National – International
  • Centre – Périphérie (Capitale – Région)
  • Organisations (processus) – Projets (résultats) – Individus (créativité)
  • Etat – Secteur privé – Société civile
  • Amateurs – Professionnels
  • Projets et initiatives online ou offline
  • Diversité linguistique

En ce qui concerne le système culturel de Moldavie, il est confronté à cinq problèmes stratégiques à porté nationale:

  • Décentralisation de l’acte culturel et accès égal de la population aux valeurs culturelles;
  • Protection et développement du patrimoine culturel, perpétuation de l’identité culturelle;
  • Réforme du rapport  état – culture;
  • Participation du système culturel à la solution des problèmes des communautés.
  • Financement de la culture: multiplication et diversification des sources de financement.

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Moldova Culture

Posted by ghenador on April 6, 2009

0520p1The cultural map of Europe has been visibly modified as a result of the world order change after 1992, and other geopolitical factors. This resulted in placing it into environment of perception of new identity, directly influencing states and remote communities through cultural diversity, involving them into a global process of modernization and accelerated transformation.

Moldova as well became an arena with noticeable evolution of the mass communication, what determined radical mutations of the identity values, thus provoking a virtual invasion of the pseudo-values in the cultural-artistic area. Research and exploring new forms of the artistic expression in visual arts, music, theater, dance, literature, have been intensified through democratization of the access to information.

“Liberal euphoria” in the cultural context of the Republic of Moldova brought to light a series of problems of the older generation adaptation to the new, unlimited geographically cultural space and in the same time offered enormous possibilities to the new generation of artists in launching themselves and flexibility in promoting their image outside of the South East European context.

A more careful analysis of the actual cultural space in the republic of Moldova would distinguish unclear boundaries between the elitist culture, produced in the academics-intellectual field and the popular culture, produced by amateurs and aimed at diverse audiences without conceptual preferences. In contrast with these two forms, culture for masses, promoted through the mass media has a more ample influence, its own market and has more or less stable audience of non-homogenous consumers, as compared to the limited audience of the “Great Culture”, as it is defined by Alvin Toffler, particularly that of music, art, theater, literature.

A considerable impact on the artistic processes of the last decade in the Republic of Moldova has been provided by the Soros Foundation, namely through logistical and financial support of diverse cultural programs and projects: seminars, international conferences, creation camps, workshops, round tables, publications, donations, offering various grants and scholarships for excellence both for the professionals and for youth in the process of formation. At the levels of organization, strategy and promotion of arts in the republic of Moldova, Soros Foundation facilitated cultural connections between Moldova and the rest of the world, thus achieving an open society model, having culture as its language.

The appearance of publications such as “Art-Hoc” (Center of the Contemporary Art), “Atelier” (Union of the Plastics Artists), “Arta” (Academy of Science) added a new socio-cultural dimension, but unfortunately, appearance of these publications has sporadic character and is determined by the economic factors. Numerous public libraries and buildings have been transformed into art galleries and exhibition halls with the same easiness, with which the Organ Hall, Art Museum or Theater of Opera and Ballet offered their halls to restaurants, markets and commercial activities for to face the economic necessities. In this respect, the appearance of galleries such as “Brincusi”, Gallery of the French Alliance, “Galeria L”, “Holti” and others represents unique and outstanding examples of maintaining high level of culture in the Republic of Moldova. During the period of transition these galleries tried by their own efforts to promote new personalities, movements and ideas, informal and non-governmental organizations of young artists, such as “Zece”, “Fantom”, ARS DOR, and others thus integrating into European movement of values.

Today, despite all problems this state is confronting with at the cross of millennia, Moldova contributes to the movement of values through new names and highly qualified works and through its cultural-artistic heritage, which is represented all over the world.

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